Analyse de l’ARN ciblée (RNA-seq) en tumeurs solides : l'outil en situation d’impasse diagnostique
Le séquençage à haut débit s’est imposé comme un outil majeur en oncologie, avec des applications à visée diagnostique, théranostique et pronostique. Les analyses NGS d’ADN et d’ARN (RNA-seq) sont complémentaires : l’analyse de l’ADN permet la détection des mutations ponctuelles et des petites insertions/délétions (Ins-Del) tandis que l’analyse de l’ARN détecte les transcrits de fusions et certains variants d’épissage responsables de grandes délétions. Ces différentes altérations dans le tissu tumoral sont devenues des biomarqueurs clés.
Pourquoi l’analyse de l’ARN par NGS ?
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Sensibilité supérieure pour les fusions
L’analyse FISH est une technique ciblée qui permet de détecter les fusions connues et décrites avec des sondes spécifiques.
Le séquençage de l’ARN permet d’identifier les transcrits de fusion, y compris ceux impliquant des gènes de fusion rares et inattendus. Contrairement à la FISH, le RNA-seq offre la possibilité de détecter, en un seul séquençage, l’ensemble des gènes partenaires potentiels d’une fusion. Cette approche apporte ainsi une sensibilité nettement supérieure à l’analyse par FISH (22 % de fusions supplémentaires non trouvées par la FISH, RTPCR ou les panels ADN). [aacrjournals.org] [thelancet.com]
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Détection de grandes délétions
Le RNA-seq permet de détecter des délétions situées dans des régions introniques profondes et ayant un impact sur l’épissage des exons. Il permet notamment d’identifier le saut de l’exon 14 du gène MET (MET exon 14 skipping), retrouvé dans les cancers pulmonaires non à petites cellules, ou encore les délétions EGFRvIII observée dans les glioblastomes.
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Impact diagnostique important
Dans les tumeurs solides, les analyses de l’ARN (RNA-seq) permettent de confirmer ou de modifier le diagnostic dans 30 à 60 % des cas selon les cohortes, notamment dans les sarcomes où l’identification des transcrits de fusion est déterminante.
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Bénéfice théranostique majeur
Une analyse pancancer (67 000 patients) montre que l’ajout des analyses de l’ARN augmente la détection de transcrits de fusions actionnables de 21 % et celle de fusions émergentes de 127 %, élargissant l’accès aux thérapies ciblées (ALK, ROS1, RET, NTRK…).
Les recommandations de l’ESMO (2024) et de l’ASCO insistent sur la nécessité d’intégrer systématiquement la recherche des transcrits de fusion dans le profil moléculaire des tumeurs avancées, notamment lorsque ces altérations conditionnent l’accès à une thérapie ciblée.
En résumé
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Analyses NGS ADN : recommandé pour la détection de mutations ponctuelles, indels, CNV.
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Analyses NGS ARN – RNA-seq : méthode de référence pour la détection des transcrits de fusion, indispensables au diagnostic et à l’orientation thérapeutique. Détection plus efficace des transcrits de fusions et des grandes délétions
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Approche optimale : ADN + ARN pour un profilage complet, en particulier dans les tumeurs où les transcrits de fusions sont fréquentes ou décisives (Exemple : Sarcomes, adénocarcinome du poumon, glioblastome, etc)
Au laboratoire
À partir du 1er avril 2026, Eurofins Biomnis proposera en complément des panels « ADN » disponibles, sept panels NGS ARN (RNA-seq) : cancers du poumon, pancréas, thyroïde, sarcomes, cholangiocarcinomes, tumeurs cérébrales et pan-organe.
Pré-analytique : Bloc FFPE ou copeaux (6 lames blanches)
Délai : 15 jours
Cotation : N452
L’offre « Tumeurs solides » incluant les panels NGS ARN est disponible sur notre bon de demande « Biologie des tumeurs solides » dédié, référence B9 (pour la France) et référence B9-INTFR (pour l’international).
Contacts
Département d’oncologie moléculaire somatique et constitutionnelle
- Dr Jennfier WONG
- Dr Nishta THACOOR
- Dr Rizk BENNANI
En savoir plus :
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Tél : 04 72 80 25 77
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