Hantavirus : point de situation et modalités diagnostiques
Dans le contexte du cluster récent de cas d’infections à Hantavirus (souche Andes) signalé par la DGS, nous souhaitions vous apporter un point d’information.
Epidémiologie des Hantavirus
Les hantavirus sont des virus zoonotiques transmis principalement par inhalation d’aérosols contaminés par des excrétas de rongeurs ; la transmission interhumaine reste exceptionnelle et décrite essentiellement pour le virus Andes (contact rapproché et prolongé). Les hantavirus pathogènes pour l’homme sont classés dans le groupe 2 (tels que les virus Puumala et souches les plus rencontrées en France) et groupe 3 (tels que les virus Seoul et Andes). Il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin approuvé.
Alerte Mai 2026
Un foyer de cas groupés a été identifié à bord d’un navire, avec confirmation d’une infection par un Hantavirus de type Andes (ANDV). À ce stade :
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le risque pour la population générale est considéré comme faible,
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aucun signal de circulation communautaire en France n’a été identifié,
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les mesures concernent principalement les cas contacts identifiés et suivis par les ARS.
Rappels cliniques concernant les infections à Hantavirus
Expositions à risques :
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Contact direct avec des rongeurs infectés
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Contact indirect avec des objets ou des surfaces souillés par des urines, excrément ou salive de rongeurs infectés
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Inhalation de virus aérosolisés à partir d’excrétion de rongeurs infectés
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Travailleurs exposés : travailleurs du bâtiment, agriculteurs ou travailleurs forestiers
Des signes digestifs ou respiratoires peuvent être associés.
Dans les formes sévères, une évolution vers une fièvre hémorragique avec un syndrome rénal (FHSR) est possible pour des souches eEuropéennes, alors que les souches américaines du type Andes, on observera une évolution vers une atteinte cardio-pulmonaire (HPS).
Le diagnostic repose sur la sérologie (IgM/IgG) et/ou la détection moléculaire (RT-PCR).
Chez Biomnis, la sérologie de screening pour le diagnostic des Hantavirus est réalisée par immunofluorescence indirecte et couvre plusieurs espèces virales européennes et américaines (dont Andes).
La sérologie permet notamment de mettre en évidence à partir de J3 depuis la date de début des symptômes :
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La présence d’anticorps anti-Hantavirus IgG et IgM témoins d’une infection récente ou ancienne
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Une séroconversion en IgM et/ou IgG
À ce jour, la confirmation diagnostique de la souche Andes reste centralisée au Centre National de Référence des Hantavirus (Institut Pasteur). Seul le CNR est en mesure de réaliser cette confirmation diagnostique et émettra prochainement des directives quant à logistique des prélèvements suspects.
Ainsi, tout résultat trouvé positif par la sérologie de screening Bimonis sera transmise au CNR pour confirmation et typage de l'espèce
Diagnostics différentiels
En raison de la présentation clinique non spécifique etde la zone géographique supposée d’infection, de nombreux diagnostics différentiels peuvent être évoqués :
- Leptospirose
- Dengue
- Chikungunya
- Hépatites A et E
- Fièvre Typhoïde
- Coxiellose - Fièvre Q
- Virus de la Grippe
- SARS-CoV-2 – COVID-19
- Rickettsioses
- Paludisme
En cas de suspicion d’infection par Hantavirus de type andes, il est recommandé d’isoler le patient, de contacter le Centre 15 ainsi que l’ARS pour obtenir le protocole de prise en charge à suivre.
Nos équipes restent à votre disposition pour toute question sur les modalités de prescription, de prélèvement ou d’interprétation.
Tél : 04 72 80 23 19
Sources