La majorité des individus présente au moins une variation génétique susceptible d’influencer le métabolisme des médicaments : des études menées sur de larges cohortes montrent que jusqu’à 99 % des patients portent au moins un variant pharmacogénétique ayant un impact potentiel sur la réponse thérapeutique. 
La pharmacogénétique clinique étudie l’impact de ces variations génétiques sur la réponse individuelle aux médicaments. En pratique, elle constitue un outil d’aide à la décision thérapeutique en médecine spécialisée, contribuant à optimiser l’efficacité des traitements, à limiter les effets indésirables, à réduire le risque de toxicité médicamenteuse et à sécuriser la prescription.
Inscrite au cœur de la médecine personnalisée, sa valeur repose sur une interprétation médicale experte, intégrée au contexte clinique du patient.

Comprendre la pharmacogénétique clinique

De nombreux médicaments présentent une[LP3.1] variabilité interindividuelle importante en termes d’efficacité et de tolérance, en partie liée à des polymorphismes génétiques affectant notamment :

  • les cytochromes de métabolisation (CYP2D6, CYP2C19, CYP3A5…),
  • les protéines de transport (SLCO1B1, ABCB1…),
  • certaines cibles pharmacologiques ou immunogénétiques (VKORC1, HLA…).

Ces variations génétiques peuvent conduire à des profils de métabolisation distincts (lent, intermédiaire, rapide ou ultra rapide), susceptibles d’entraîner une exposition insuffisante ou excessive au médicament, avec un impact clinique sur l’efficacité ou la tolérance du traitement.
Ces mécanismes sont au cœur de la pharmacogénomique clinique, qui vise à adapter le choix et la posologie des traitements en fonction du profil génétique du patient.

Enjeux médicaux de la variabilité de réponse aux traitements

En pratique clinique, la variabilité génétique interindividuelle peut avoir des conséquences directes sur la réponse médicamenteuse, notamment :

  • une inefficacité thérapeutique, pouvant aller jusqu’à des échappements thérapeutiques,
  • la survenue d’effets indésirables parfois sévères, contribuant à la iatrogénie médicamenteuse,
  • des ajustements posologiques complexes,
  • une errance thérapeutique préjudiciable au patient.

Dans ce contexte, l’intérêt d’une approche pharmacogénétique en amont de la prescription est de plus en plus documenté. Une étude publiée en 2023 dans The Lancet a montré que la réalisation de tests pharmacogénétiques avant traitement permettait de réduire jusqu’à 30 % la survenue d’effets indésirables médicamenteux.

La pharmacogénétique apporte ainsi une information biologique prédictive, venant enrichir le raisonnement médical, sans jamais se substituer à la décision du prescripteur.

La pharmacogénétique par Eurofins Biomnis

L’approche du laboratoire se distingue des solutions reposant sur des rapports automatisés ou des interprétations génériques, en garantissant une analyse personnalisée et contextualisée par un biologiste médical.Elle repose sur :

  • une sélection des gènes et variants en cohérence avec la spécialité médicale concernée,
  • des analyses génétiques réalisées selon les standards de la biologie médicale et de l’examen des caractéristiques génétiques constitutionnelles d’une personne à des fins médicales,
  • une interprétation experte et contextualisée des résultats,
  • une restitution claire et directement exploitable pour le prescripteur.

Eurofins Biomnis propose trois niveaux de service en pharmacogénétique sur technique NGS, allant de tests ciblés, à une approche plus large fondée sur les recommandations validées, jusqu’à une analyse combinée exome et pharmacogénétique pour les situations cliniques complexes.

Quand envisager une approche pharmacogénétique ?

Une évaluation pharmacogénétique peut être pertinente dans les situations suivantes :

  • nécessité d’adapter la dose ou la posologie chez un patient donné,
  • échec ou réponse insuffisante à un traitement,
  • survenue d’effets indésirables inattendus,
  • polymédication,
  • prescription de médicaments à marge thérapeutique étroite,
  • pathologies nécessitant des traitements au long cours.

Applications cliniques de la pharmacogénétique

La pharmacogénétique peut être mobilisée à différentes étapes du parcours de soins, de façon préventive, avant l’initiation d’un traitement, pour choisir la molécule la plus adaptée et la dose d’attaque, ou de manière réactive, après prescription, en cas d’inefficacité thérapeutique ou de survenue d’effets indésirables.

Son utilisation est particulièrement pertinente pour certaines catégories thérapeutiques fréquemment prescrites, notamment les psychotropes (dont antidépresseurs, antipsychotiques, …), les analgésiques et antiinflammatoires, les cytostatiques, les médicaments cardiovasculaires (antihypertenseurs, anticoagulants, statines), les antidiabétiques, les médicaments urologiques, les anti infectieux ainsi que les inhibiteurs de la pompe à protons.
Plus largement, la pharmacogénétique trouve un intérêt clinique accru lorsque :

  • les traitements présentent une marge thérapeutique étroite,
  • la réponse clinique est difficilement prévisible,
  • le risque iatrogène est élevé,
  • les situations d’échec thérapeutique sont répétées,
  • la prise en charge repose sur une stratégie empirique d’essai erreur.

Elle concerne en particulier la psychiatrie, la cardiologie, la néphrologie, l’oncologie, la neurologie et les situations de polymédication.

Interprétation pharmacogénétique et rôle du biologiste médical

La valeur clinique d’un résultat pharmacogénétique repose sur une interprétation spécialisée, intégrant :

  • la traduction du génotype en phénotype métabolique,
  • le niveau de preuve scientifique,
  • le contexte clinique, les co-médications et les facteurs environnementaux.

Au sein du laboratoire Eurofins Biomnis, le biologiste médical joue un rôle clé d’interface entre la donnée génétique et la décision clinique, en collaboration étroite avec le prescripteur.

Cadre scientifique, réglementaire et recommandations

Discipline en constante évolution, la pharmacogénétique nécessite une veille scientifique continue.
L’expertise d’Eurofins Biomnis s’inscrit dans cette démarche et dans le respect des référentiels et recommandations françaises et internationales (RNPGx, CPIC, DPWG, ClinPGx, PharmVar).

Limites de la pharmacogénétique

La pharmacogénétique n’est pas totalement prédictive à elle seule. La réponse et la tolérance au traitement peuvent être influencées par d’autres facteurs tels que les interactions médicamenteuses, les comorbidités (dont altération des fonctions hépatique et/ou rénale), la non-observance ou encore les habitudes de vie.
La pharmacogénétique constitue ainsi un outil complémentaire, intégré au raisonnement médical global.

Les expertises pharmacogénétiques par spécialité

L’expertise d’Eurofins Biomnis en pharmacogénétique clinique se décline par spécialité médicale afin de répondre aux enjeux spécifiques de chaque pratique :

  • Psychiatrie – amélioration de la réponse aux psychotropes et réduction de l’errance thérapeutique
  • Cardiologie – sécurisation des traitements cardiovasculaires
  • Néphrologie – prise en compte de la fonction rénale et du risque iatrogène