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Surveillance clinique de la chirurgie bariatrique

Le suivi clinique est mensuel pendant le 1er trimestre, associant le médecin nutritionniste, le chirurgien et le médecin traitant, puis trimestriel jusqu’à 1 an, puis semestriel en l’absence de problème. Il doit être associé à des rendez-vous fréquents avec un(e) diététicien(ne), un(e) psychologue et l’éducateur en Activité Physique Adaptée.

Le médecin doit dépister les complications chirurgicales et digestives et vérifier :

  • le confort alimentaire et digestif des patients,
  • le calendrier de la prise alimentaire,
  • la biométrie et l’impédancemétrie,
  • le dépistage des carences,
  • et tout particulièrement, l’amélioration des co-morbidités.

Il doit également réévaluer les posologies des traitements des comorbidités, voire les arrêter, et vérifier les réglages de la machine d’apnées de sommeil (PPC).

Dans la durée, il faudra surveiller un éventuel regain pondéral, l’apparition de complications fonctionnelles, la résurgence des mauvaises habitudes alimentaires.

Dans le cadre des chirurgies malabsorptives, il faut absolument vérifier l’observance thérapeutique vitaminique et s’attacher aux signes de carences, pour éventuellement compléter la supplémentation :

  • vomissements importants, troubles digestifs : vitamine B1 ++,
  • infections : protéines, vitamine D,
  • sécheresse de la peau, dermatite, ecchymoses, pétéchies, alopécie : zinc, fer, protéines, vitamine C,
  • paresthésies, troubles neurologiques, psychiatriques : vitamines du groupe B, zinc, cuivre,
  • anomalies de la vision : vitamine A,
  • saignements : vitamine K.

Concernant la fertilité, il convient d’expliquer, en pré-opératoire, l’importance d’une contraception efficace en phase de perte de poids. En effet, la perte de poids entraîne souvent un rebond de fertilité.
Il faut essayer de limiter la contraception orale à cause des vomissements qui ne sont pas rares en post-opératoire, surtout après bypass, puisque la biodisponibilité médicamenteuse est moindre. Un projet de grossesse sera idéalement anticipé avec une supplémentation périconceptionnelle. En cas de grossesse, on insistera sur la supplémentation vitaminique.

Le suivi sera aussi psychomotivationnel et s’attachera à dépister des fragilités thymiques (troubles de l’humeur, troubles anxieux, décompensation psychique) et l’apparition de troubles du comportement alimentaire. De plus, le psychologue travaillera avec le patient l’observance et l’adhésion thérapeutiques, afin de l’engager en responsabilité dans une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Le risque suicidaire étant accru chez les patients opérés, cet accompagnement psychologique/ psychiatrique fait partie intégrante du suivi post-opératoire.
L’éducateur en APA aidera le patient à augmenter son niveau d’activité physique avec des objectifs réalistes et réalisables. Ces objectifs sont adaptés aux antécédents du patient pour éviter les risques de blessures.

Enfin, à distance de la chirurgie et une fois la perte de poids stabilisée, sera abordé le sujet du pronostic cutané et de la chirurgie réparatrice.


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